Dans quelle case serez-vous en 2017 ou les 5 métiers clés du digital en 20177 min read

Ce genre d’article amène toujours les mêmes réflexions:
La transformation que le digital apporte, l’évolution de nos métiers, le besoin de sans cesse se remettre en question, sans cesse se former, sans cesse accepter d’apprendre de nouvelle chose,… Jadis on se plaignait du jeunisme, aujourd’hui de l’uberisation,… et pourtant tous les jours nos métiers changent et se modifient, ce n’est pas qu’un problème de taxis, en êtes-vous conscient ?

Donc dans cet article qui s’intitule “les 5 métiers clés du digital en 2017” on en apprend plus sur le poste de Chief Digital officer:

“Recherché pour sa polyvalence et son profil expérimenté, le CDO est un stratège et un leader capable d’insuffler la culture numérique dans toute l’entreprise et d’améliorer, grâce aux innovations numériques et aux nouveaux processus de travail, la nouvelle organisation d’une entreprise et sa stratégie. Il doit également être en mesure d’actionner les leviers correspondant aux canaux digitaux que sont le search marketing et les réseaux sociaux, notamment.

Qualifié d’accélérateur ou encore de catalyseur de la transformation digitale des entreprises, le CDO se doit d’être en perpétuelle veille pour suivre de près les évolutions du numérique et les mettre à profit auprès des différents directions (marketing, communication, RH ou direction générale).”

 

Je suis donc ravi d’apprendre le nouveau titre que j’aurais en 2017.

Lors des mes études en 1999, on appelait cela des concepteurs multimédia… nourris à l’action script, à lingo et à XHTML/CSS en passant par after effect, 3ds max, la mise en page, le graphisme, l’histoire de l’art et du cinéma ou encore la sémiologie… 15 ans d’expérience et de mélanges plus tard, cela donne un profil passant par la direction stratégique et artistique, la réalisation de prototype et de design ou la gestion d’équipe.

Du coup, comment appelle-t-on ces profils aux compétences diverses ?

Pour ma part, le principal mot-clé qui ressort de ces métiers apparus aux alentours des années 2000 est La transversalité. Tout est lié, tel le battement d’aile du papillon et ses conséquence, notre monde est fait d’interdépendance, alors pourquoi pas nos métiers ? La transversalité, voici le terme qui déstabilise aujourd’hui!

Le digital, le numérique, le multimédia ont amené un besoin, une obligation de compréhension globale, une vision complète d’une société et des comportements. Mais le digital permet également de comprendre et d’anticiper les besoins, les problèmes et parfois d’apporter des solutions ou une simplification.

Auparavant le numérique, l’électronique, le digital étaient le monde des bidouilleurs, des hackers au sens de makers, ceux qui voulait simplifier les choses amenées par l’innovation et la technologie. Aujourd’hui cette génération, ces créateurs se sont fait voler la vedette par l’ère des consultants, des spécialistes et de l’IT,… Ces titres rassurent davantage visiblement, mais que valent les compétences des spécialistes sans la transversalité ? ,… Absolument Rien !!

La transversalité est devenu une norme, une habitude chez ceux qui la pratique: un designer d’interface doit comprendre ce qu’est le développement web et l’évolution technologique pour faire un travail de qualité et de manière efficiente, prétendre le contraire reviendrait à dire que Pasolini ne comprenait rien à la symbolique des formes, des couleurs, de la perspective et n’était en rien lié ou intéressé par les fondements explorés par Giotto.

Mettre les gens dans des cases, leur donner des rôles, déterminer leur unique compétence de A à B et devenir le “spécialiste”, celui qui… est-ce nécessaire, important et est-ce vraiment une réalité ? Dans le monde de l’entreprise c’est en tout les cas rassurant de remplir la case:

‘Je sers à résoudre ce problème, de votre côté pas besoin d’en savoir plus,…
Let me google it for you

Pourtant face à des problèmes, chacun apporte sa perception, sa compréhension, chacun est capable selon ses capacités, ses expériences et son contexte d’apporter des réponses et cela fait de l’humain une extraordinaire boîte remplie de tiroirs apportant, chacun, une vérité …

Non, les cases, les silos n’existent plus,…et ce n’est pas nouveau !
Cette manière de penser, d’où vient-elle ? la création de silos semble être une invention des manageurs, d’un type de management qui a besoin de contrôle, de pouvoir, un management par l’ego, … Une manière d’être, non pas basée sur la notion d’ensemble, de collaboration ou d’écosystème (familial, social, économique ou naturel) qui nous entoure, mais sur la thématique de l’ “Ego système” celui qui construit à très court terme, celui qui détruit par manque de vision et de compréhension des opportunités offertes… Celui qui répond à des objectifs financiers mensuels sans penser à demain sans penser au voisin, sans même penser à celui qui passe après lui à la machine à café,…

Une dérive, triste et sans imagination du fameux “carpe diem” ?

Mais qu’est-ce qui fait donc si peur dans la transversalité ?
Comme dans la génération Y ces profils s’adaptent, changent en permanence et recherchent le véritable sens à ce qui leur est présenté. Ils ne se contentent plus de servir les intérêts, ils sont donc peu prévisibles, peu malléables et font partie des fortes têtes, qui comme le dit Robert Sutton dans un post qui tourne beaucoup sur Linkedin, ne sont pas des profils négatifs pour une entreprise, au contraire:

“Comme bon nombre de managers, vous êtes probablement plus attirés par les collaborateurs qui n’apportent pas de mauvaises nouvelles et qui vous flattent plutôt que par ceux qui vous provoquent ou vous contredisent. Et pourtant, ce sont souvent les seconds qui font germer de nouvelles idées et aident les entreprises à réussir : Vous avez besoin de gens qui ont des points de vue différents et qui n’ont pas peur de discuter : ils agissent comme des garde-fous!”

Arrêtons donc de mettre les gens dans des cases, faisons en sorte que les egos des managers ne soient pas le centre de l’entreprise (difficile, encore une révolution à faire,… ) Inspirons et donnons confiance aux employés, commençons à voir l’entreprise comme un ecosystème où tout est lié, où chaque individu a la possibilité d’apporter à chaque étape. Pensons transversalité et collaboration, pensons human centered design.

L’ouverture, la transparence et la confiance faciliteront le travail, les relations clients et le business ne s’en portera que mieux, croyez moi !

“If You Don’t Understand People, You Don’t Understand Business” Simon Sinek

Comme le dit Simon Sinek, cela suffit, il n’est pas nécessaire de tenter de manipuler ou d’échafauder des plans, il faut simplement laisser les gens faire leur travail, pour lequel ils ont été engagé, sont doués et sont payés.

“Why work doesn’t happen at work” – Jason Fried > et son livre Rework

“If You Don’t Understand People, You Don’t Understand Business” – Simon Sinek

Henry STEWART, Happy.co.uk – et son Happy manifesto